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Tribune libre : "Pourquoi l’éducation devrait-elle faire les frais des restrictions budgétaires ?"

"Suppression massive de postes d’enseignants, service minimum, disparition des réseaux d’aide aux enfants en difficultés (RASED), transformation de la maternelle pour les moins de 3 ans en jardins d’éveil payants, diminution du nombre d’heures dispensée aux élèves, etc., : les raisons seront nombreuses de descendre dans la rue ce jeudi 20 novembre.


Ce sont cette fois-ci les personnels enseignants des primaires, collèges et lycées qui devraient se mobiliser pour dénoncer les réformes et coupes budgétaires qui menacent l’éducation.

Avec 11 200 suppressions de postes en 2008 et 13 500 suppressions prévues l’an prochain, c’est une véritable saignée qu’inflige le gouvernement au service public de l’éducation. Lors du vote du budget 2009 ce 20 novembre, les députés devront tenir compte de la colère et de toutes les revendications exprimées par le corps enseignants. Il semble urgent de rétablir un dialogue social pour répondre aux problèmes et défis posés à l’éducation.

A l’exemple invraisemblable du remplacement des maternelles pour les deux ans par des jardins d’éveils payants, l’avenir de nos enfants et de notre pays est en effet gravement remis en cause. On ne peut tolérer plus longtemps que toutes ces mesures prises par le gouvernement se fassent au détriment de la qualité de l’enseignement. Pourquoi l’éducation devrait-elle faire les frais des restrictions budgétaires ? Toutes ces coupes budgétaires pèsent également sur les conditions de travail et les salaires des enseignants. Cette politique accélère le démantèlement de l’ensemble des services publics. Une fois de plus, les collectivités et les familles devraient pallier aux désengagements de l’Etat.

Autre conséquence de cette politique désastreuse, les RASED risquent d’être démantelés à la rentrée 2009. Ce serait une grave perte pour le soutien et l’aide aux enfants les plus en difficulté que l’on va demander aux enseignants de combler comme ils pourront. C’est une logique purement comptable appliquée par le gouvernement dans l’éducation comme dans tous les domaines. Les enfants et l’avenir sont, une fois de plus, les grands oubliés.

Il ne faut pas laisser passer ce nouveau coup contre l’école, la jeunesse et la solidarité. L’argent existe et il devrait être destiné en priorité à l’éducation et à nos enfants. C’est une priorité politique".


Martial Passi, Maire de Givors,


Conseiller Général du Rhône