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Quand Gérard Collomb joue les "Candide"

Sur son blog, qui devient de plus en plus le lieu de sa communication politique, le Maire de Lyon règle ses comptes et dévoile les dessous de la désignation des listes aux européennes. 

Mais Gérard Collomb n'est pas non plus "tombé de la dernière pluie" ; victime cette fois-ci des choix de la direction, "au nom des intérêts supérieurs du Parti", il raille et peste contre les parachutages imposés par cette direction, alors que lui-même s'est souvent trouvé dans cette même position, ne serait-ce que pour la constitution de ses listes lors des dernières municipales. 

On objectera que dans ce dernier cas, il avait pris soin de rédiger un projet et pouvait au moins justifier ses choix par la "sélection des meilleurs ". Aujourd'hui, comme il le conte sur son blog, les dirigeants du Parti Socialiste n'ont même pas été capables de se mettre d'accord sur un projet cohérant pour les Européennes, tout juste sur "une trouvaille sémantique", le concept fourre tout de "politique de juste échange".

Ce littéraire, fin connaisseur de Voltaire, serait-il tenté de tout laisser tomber pour se dédier à la culture de son jardin ? Il nous livre sur son blog un petit conte à la morale très "ouverte" :

"Certains voulaient pourtant encore comprendre.
Ils avaient ouïe dire que "dans un café qui bordait le Palais de la Mutualité se tenait un très fameux Derviche qui passait pour le meilleur connaisseur du parti". Un de ces militants qui se plaisait à parler de tout, et que ses camarades appelaient pour cela Pangloss, lui dit :
- "Maître, nous venons vous prier de nous dire pourquoi une aussi étrange liste a été constituée ?

- De quoi te mêles-tu, dit le Derviche. Est-ce là ton affaire ?
- Mais, Maître, lui dit l’autre qui s’appelait Candide, il y a dans cette liste horriblement de mal.
- Qu’importe, dit le Derviche, qu’il y ait du mal ou bien. Quand sa Hautesse envoie un vaisseau en Égypte, s’embarrasse-t-elle, si les souris qui sont dans le vaisseau sont à leur aise ou non ?
- Que faut-il faire alors ? reprit Pangloss.
- Te taire, dit le Derviche !

- Je me flattais, dit pourtant Pangloss de raisonner avec vous des effets et des causes de cette meilleure des listes possibles".
Il n’eut pas le temps de finir car à ces mots le Derviche leur ferma la porte au nez. Les deux amis rentrèrent chez eux plein de bonnes résolutions.
- "Militons sans nous poser de questions, dit l’un d’entre eux. C’est le seul moyen de rendre la vie supportable".
Et toute la petite section à laquelle ils appartenaient décida de continuer à cultiver son pré carré.
Pourtant, de temps à autres, Pangloss s’interrogeait.
- "Tous ces événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles. Et nous devons donc avoir la meilleure des listes possibles.
- Cela est bien répondait Candide, mais il faut cultiver notre jardin !""

Morale de ce petit conte philosophique : c’est bien ce qu’on nous demande : ne philosophons plus mes chers camarades, cultivons notre jardin. Et ce sera peut-être là, pour nous comme pour Candide, "le plus sûr moyen d’être heureux !"